Burnout, quand le corps dit stop

Qu’il soit d’ordre professionnel ou personnel et même bien souvent multi-factoriel, le dépassement de soi peut nous amener à dépasser tragiquement nos limites et épuiser notre corps.

Au début, il peut paraitre indolore ou même parfois grisant d’être en capacité d’en faire beaucoup, énormément, toujours plus.

Mais, au fil du temps, nous pouvons être amenés à sentir une certaine lassitude et notre corps commence à montrer quelques signes de faiblesse.

Bien souvent, le perfectionnisme et la croyance dans un soi idéal fort, voire indestructible, fait que l’on ne se reconnait pas dans cet état et on se trouve des excuses pour continuer tant bien que mal. Mais progressivement on y regarde de plus prêt et on se doit de constater une lente et progressive descente au niveau de nos capacités. Là encore, un certain déni nous aide à continuer, continuer, continuer ainsi pendant plusieurs années.

Si des mesures ne sont pas prises pour prendre soin de soi, le corps va progressivement et durablement s’user. C’est l’apparition des premiers symptômes. Mais, si on continue à ignorer son corps, celui-ci vous fera savoir de manière encore plus significative qu’il ne souhaite plus avancer ainsi.

Vient alors ce que j’appel la traversée du désert, le corps a perdu son dynamise et les différents symptômes se renforcent et deviennent chroniques: dépression apathie, ressassements  et pensées circulaires.

Puis, les personnes se retrouvent ne plus être capacité d’assurer leur activité professionnelle et sont contraints de se retirer transitoirement. C’est la période de l’arrêt, étape importante, mais dans la pratique, elle est difficile à accepter tant par rapport à soi-même, que le regard des personnes de notre entourage familial et professionnel. Culpabilité, sentiment d’échec et corps sans énergie sont bien souvent le quotidien auquel il faut faire face.

Alors, contraint et forcé, on apprend progressivement à prendre soin de soi. Bien souvent, une partie de la thérapie consiste à réapprendre à nous mettre en tête de liste de nos priorités. Par la pratique, je pense que le plus dure est de s’accepter comme l’on est et de s’accueillir avec bienveillance, surtout dans les moments difficiles.

Le travail thérapeutique et de saines rencontres portantes vont permettre progressivement de partager avec d’autres et se sentir écouté et soutenu, compris aussi.

Au fil du temps et malgré une énergie qui bien souvent fait le yoyo, on redéfinit différemment ses propres limites et surtout comment les respecter pour soi et les faire reconnaitre par son entourage.

Et un jour, on se réveille avec une surprise:  notre énergie, notre dynamisme sont de retour. On se surprend à se redécouvrir souriant.

Le temps du retour au travail est alors une grande étape de cette aventure. Appréhensions et doutes par rapport à ses capacités et la peur d’une éventuelle rechute sont souvent de la partie.

Par expérience, je suggère de recommencer progressivement avec un accompagnement régulier pour que la reprise soit durable. Il est alors vital de tisser un espace employé-employeur  bienveillant et serein. Le retour au travail fait partie du processus de guérison continu, avec une exposition progressive aux pressions du quotidien.

Généralement, il est admis que la durée de la « guérison » est estimée au double du temps qu’a duré l’arrêt de travail. Ainsi, si vous avez été arrêté deux mois, il vous en faudra probablement  quatre pour retrouver votre homéostasie au quotidien.

C’est alors le temps de la récolte. Même si le burnout a été une rude épreuve, les personnes en retirent bien souvent des bienfaits et une prise de conscience qui les aide au quotidien.

Si vous avez des questions ou souhaitez être accompagné, n’hésitez pas à me joindre au 079 615 69 00 ou par le biais de mon formulaire de contact.

Si vous êtes déjà suivi par un thérapeute ou un médecin, je vous invite à vous joindre au groupe de soutien Burnout avec ses rencontres mensuelles.

Hubert de Keuwer – Gestalt-praticien certifié